Appareil génital mâle : examen externe

L’examen de l’appareil génital mâle a pour but d’évaluer ses capacités de reproducteur. Il faudra donc en premier lieu recueillir des commémoratifs détaillés : origine de l’animal, fertilité antérieure, âge, état de santé actuel et passé, alimentation, nombre de saillies effectuées, prophylaxie effectuée.


taureau charolais
Taureau charolais

Ensuite, un examen approfondi de l’animal est nécessaire : examen de l’appareil génital bien sûr mais aussi, examen général et examen de l’appareil locomoteur. On procèdera ensuite à un examen de l’animal en action pour évaluer sa libido et enfin à l’examen du sperme recueilli.

L’examen général est très important car les maladies extra génitales perturbent souvent les fonctions sexuelles. L’appareil locomoteur est également inspecté avec précision ; si le taureau boîte, il ne pourra plus s’accoupler. Lors de la visite, on peut également apprécier la morphologie du taureau.


La contention est très importante lors de la réalisation de l'examen d'un taureau, quel que soit l'appareil examiné. L'animal doit être dans une cage de contention et sédaté si nécessaire.

A. Bourses

En se plaçant à l’arrière de l’animal, on va inspecter puis palper le scrotum et son contenu. On recherche :

B. Testicules

Le testicule du taureau est ovale, allongé longitudinalement avec une courbure latérale marquée ; il est positionné verticalement dans le scrotum. Le testicule doit être ferme et élastique.

On examine les deux testicules par inspection puis palpation : taille, forme, symétrie, position, consistance, chaleur, douleur. On les bloque dans les bourses en les entraînant vers le bas jusqu’à ce que la peau du scrotum soit tendue et sans plis.

La taille dépend de l’âge du taureau ; à maturité sexuelle (2 ans), le testicule doit mesurer environ 9 cm sur 5 cm ; à la fin de la croissance (5 ans), il doit mesurer environ 10 à 12 cm sur 6 à 8 cm. La circonférence est un bon indicateur de la capacité de production des spermatozoïdes.

Les anomalies de forme des testicules, courbure trop ou trop peu marquée, sont souvent associés à des troubles de la spermatogenèse.

La cryptorchidie et la monorchidie sont relativement rares. Toute asymétrie des testicules est le signe d’un développement inégal ou d’une maladie.

Des torsions autour de l’axe longitudinal sont possibles. Il est donc nécessaire de bien connaître la disposition des différentes structures: le corps de l’épididyme a une position médiane et la plus forte courbure du testicule est latérale.

L’appréciation de la consistance peut se faire manuellement avec un peu d’expérience ou à l’aide d’un tonomètre qui donnera des résultats plus objectifs. Une consistance élevée est le signe d’une semence de bonne qualité.

Lors d’inflammation aiguë des testicules, leur température sera plus élevée. Une douleur à la palpation est aussi toujours un signe pathologique.

L’échographie du testicule avec une sonde linéaire de 6 MHz peut-être intéressante. L’idéal est de réaliser l’échographie en bain d’eau afin d’éviter tout artefact de contact.

C. Epididyme et conduits déférents

L’inspection et la palpation de l’épididyme sont réalisées en pinçant le scrotum au dessus du pôle supérieur du testicule. On peut ainsi sentir la tête de l’épididyme et noter son volume, sa consistance, sa sensibilité et sa symétrie. Le corps est difficilement palpable à l’état normal. La queue de l'épididyme se palpe plus facilement au pôle inférieur du testicule. Elle mesure de 1 à 5 cm selon l’âge de l’animal.

On peut ensuite comparer les deux cordons testiculaires (volume, symétrie, consistance, mobilité, chaleur et douleur). Chaque cordon est formé de vaisseaux sanguins et lymphatiques, de nerfs et du canal déférent. La symétrie des deux cordons est très importante.

L’échographie peut aussi permettre de visualiser l’épididyme.

D. Fourreau et pénis

L’inspection et la palpation se font latéralement. Il faut donc bien maîtriser la contention de l’animal avant de se lancer dans cet examen.

On inspecte d’abord la peau et les poils du fourreau ; celui-ci peut-être le siège de lacérations ou d’hématomes. Les poils doivent être secs. Dans le cas contraire, la sécrétion peut-être qualifiée par sa couleur, sa consistance et son odeur. Lors d’inflammation (posthite), le prépuce peut présenter des modifications de volume, de sensibilité ou de température.

La palpation du fourreau ne présente que peu d’intérêt. La verge est palpable jusqu’au S pénien. L’examen du pénis nécessite de l’extérioriser : on peut l’obtenir par électro-éjaculation, massage transrectal ou tranquillisation à l’acépromazine (0,1 à 0,2 mg/kg en IV hors AMM). On observe sa couleur, sa mobilité, sa longueur et la présence éventuelle de lésions.

precedent suivant

.